Un final en feu d’artifice !

Merci à tous ceux qui sont venus, Public Domaine fut le “great success” tant chanté par Borat, le grand barde des épopées les plus lyriques. Champagne, cotillons et feu d’artifice ! Et à une prochaine aventure…

Docus de rue : les coulisses de demain soir

Photo de Bobby Puleo © Benjamin Deberdt, sa petite histoire ici.

A l’ocasion de la soirée de projection “Wild In The Streets” de demain soir (19h, programme complet et inscriptions ici), les réalisateurs des documentaires sélectionnés, Flo Schneider (‘Bobby’, sur l’énigmatique skater pro Bobby Puleo) et Coan Nichols (‘Deathbowl to Downtown’, sur la naissance et l’evolution du street a NYC) expliquent leur idée folle : faire de vrais documentaires sur les coulisses du skateboard. Pourquoi ce questions-réponses en anglais? Tout simplement parce que les deux films seront en VO non sous-titrée. Autant s’entraîner de suite…

When did you have the idea for the film?
Coan Nichols : The original idea actually came from another guy who read an article about Andy Kessler (qui eut les honneurs du New York Times a sa mort accidentelle, en 2009) and his buddies in New York Magazine. He wanted to do a little 15 minute short film about skating in the 70’s in NYC- we started on that and then 3 years later had a film about the 35 year evolution of  street skating in New York..

Flo Schneider : For the specific “Bobby” movie, when my professor told me he needed a movie from me in ten days. Well, Bobby’s footage felt very good and round and so I just edited a movie with him. This was in June 2010.

"Pushed" Trailer from Flo Schneider on Vimeo.

Why this specific topic?
Coan Nichols : It’s a cool story of the evolution of something from surfing in California to the street skating around cities all over the world.

Flo Schneider : Because Bobby Puleo is one of the fascinating characters in skateboarding. you know this without knowing him personally.

What was the most difficult part in doing it?
Coan Nichols : The time it took to make the film was the most difficult—and knowing that people would be so critical of anything we did about skating in New York…

Flo Schneider : To get answers on emails and phone tries.

Are there parts you wish you had on film at all? Or that you couldn’t capture?
Coan Nichols : Sure, there are parts of any project that go unrealized… A Mark Gonzales interview would have been killer.

Flo Schneider : I got more than I ever imagined!

Is it hard to do documentaries about skateboarding? Why?
Coan Nichols : Yes… I think it’s hard to make a documentary about anything. You are basically making something out of nothing. Some people are open and some people are hesitant—that’s the job of a director—get people to open up and reveal things that other people will want to know…

Flo Schneider : It depends whether you wanna do it about skateboarding or about persona. I think documenting skateboarding itself seems to be pretty easy. There are about a million documented tricks and impressions on video plattforms, daily, right?

Why I picked your films for that projection at la Gaite lyrique is that they tell a tale without the easy trick of drama. What do you think of documentaries whose topics necessarily involve skaters that commited a murder or went to jail?
Coan Nichols: We are not all that into the drama. We wanted to tell a story about skating and try and explain the evolutionary process that it went thru and hopefully make it universal enough that even non skaters would be interested in. I think a well made documentary can be have lots of drama and involve murder and all that stuff…its just not my thing. Both Rick and I are more into positive stuff.

Flo Schneider : General question. I can’t speak for everyone but I guess it depends on how you work with them.  But realym it’s about persona. If you want to make a movie about someone with this kind of past, it has to be said. Once again, i think it becomes interesting when the object is a human and not obviously “the skateboarder” who does or did other things.

What are your favorite documentaries that involve skateboarding?
Coan Nichols : Hmmmmmm…. Not sure. That’s a good question.

Flo Schneider : The Man Who Souled The World and Format Perspective.

La (dernière) liste inutile du lundi : top 5 worst-of

… Et soudain l’impavide mécanique se grippe. Tout était réglé, tout était prévu. Tout. Sauf ces moments de foirade, souvent passés inaperçus, pendant Public Domaine. Qui continue encore presque une semaine, avec notamment ce très grand événement mondain jeudi. Mais nous ne égarons pas sur les sentiers assez grossiers de l’autopromotion. Voici quelques moments-bêtisier auxquels vous avez échappé…

1. Le romantisme de l’instant

Ils sont beaux, ils sont jeunes, ils sont goth et amoureux. Déja repéré plus tôt lors de la décidément aussi paillarde que prévue soirée Thrasher, ce jeune couple s’échangeait aux alentours de minuit des émo-kiss à faire pâlir le plus aventureux des spéléologues gastriques. Un peu plus tard, alors que le public sort sonné de Dinosaur Jr, les deux néo-romantiques seront surpris dans l’escalier du second en plein exercice de vulcanologie poussé, madame posée sur la plus haute marche et monsieur trois pas plus bas. L’escalier en question nécessitant un badge d’accès, personne ou presque ne les dérangera lors de leurs ébats, qu’il eût été de mauvais goût d’interrompre pour si peu. Mis au courant le lendemain, les responsables de prod objecteront avec raison que les roucoulants tourtereaux ayant respecté la distance de sécurité légale d’évacuation de 1,40m de part et d’autre de leurs évolutions, rien ne pouvait leur être reproché.

2. Enjoi the mauvaise planche

Elle est restée pendue là cinq bons jours, aux nez, à la barbe et au fixie de tout skate-nerd hipster qui se respecte. Elle a passé tous les contrôles, toutes les validations, toutes les vérifications sans fin. Elle, c’est une jolie planche Enjoi, par Winston Tseng, dans la partie Agents Provocateurs, flanquée de son texte méticuleusement explicatif détaillant en quoi une planche avec en guise de déco un van blanc qui dit “Bonbons gratuits à l’intérieur” est tellement marrante et spirituelle, comment elle raconte en un dessin de bon goût les enlèvements d’enfants, tout ça tout ça. Sauf que pendant ces quelques jours, ce sera une autre Enjoi qui sera exposée, de la même série “Dreamobile”, mais celle-là avec un short bus jaune dessus. Rien à voir ou presque. Ben ça tombe bien, personne ou presque, à un community manager près, n’ya avait rien vu non plus.

3. Cul-de-pool

Dans les deux énormes caisses en bois renfermant ses pool tables, Lance Mountain avait entortillé deux sachets plastique frappés de la mention “Not for expo”. Seul souci : il ne parlait que des petites lumières en option que l’on peut éclairer dans ses mini-piscines, comme dans les vraies. Et pas des pieds de ses tables de salon-pools. Qui ont passé deux jours exposées sans, donc.

4. Question par des champions


Au panthéon des meilleures questions de l’été, celle du journaliste de RFI à un conseiller d’expo totalement déstabilisé et médusé restera évidemment hors catégorie : “Faire du skate, c’est comparable à une éjaculation ?” La bonne réponse étant, bien sûr : “C’est parce que je n’ai jamais eu d’éjaculation que j’ai fait du skate”, soufflée hélas bien trop tard audit interviewé par un bienveillant camarade, qui aurait eu plus de gueule que le “euh.. non.. enfin, ça a rien à avoir” lamentablement bredouillé sur le coup.
Mention honorables à “Mais pourquoi il n’y a rien sur Tony Hawk ?” (réponse en photo ci-dessus) et “Mais en fait c’est pour faire la vaisselle?”, posées par des gamins, cette dernière à propos des reproductions de piscines vides de Lance Mountain, aux vagues allure d’évier il est vrai.

5. La bu$e

Même s’il a fait un coup d’éclat récemment en designant la skate-shoe/botillon la plus montante depuis celle de Marty McFly, il faut bien reconnaître que Chad Muska, légende vivante du skate, survit largement sur ce statut acquis il y a quinze ans. Et a du mal à accepter d’être un rien sur le retour. Il s’est donc mis en tête de recommencer à tagger pour faire étal de sa royale présence, et notamment sur le mur de la grande salle de la Gaité lors de la soirée Thrasher, scribouillant le mur d’un vengeur “mu$ka should be in this art show”, incognito ou quasiment dans sa tenue mi-elfe, mi-chasseur d’Ewok.
Enhardi par cette performance, il recommencera sitôt rentré à LA, en plein Hollywood. Sauf que cette fois, il s’est fait serrer, et en live, par les caméras de l’émission-paparazzi TMZ. Bon pour revenir d’ans l’actu street, ça. Sauf que, complètement fracassé, il a eu tendance à utiliser des mots à connotation… euh.. connotée à l’égard d’un flic afro-américain. Oubliant que ce qu’ODB peut se permettre fait toujours bizarre dans la bouche d’un blondin né à Vegas, fût-il une street-légende. Vidéo d’excuses ci-dessus.

Allez hop, à Créteil

Séquence Joe Dassin, que nous saluons au passage même s’il n’est pas venu à Public Domaine : souvenez-vous c’était il y a un mois, il y a un an, il y a une éternité -les équipes Thrasher et Bad Shit étaient à Paris et en ont profité pour aller skater les fameux plans inclinés en brique de Créteil.
C’est Michael Burnett qui résume la mission sur son blog Burnout, avec en guest-stars un célèbre graffiti-artiste vandale à la tête de nuque totalement anonyme, mais aussi P-Stone et le couple princier du skate/punk-rock, Tony et Trixie Trujillo. Qui s’aimeront encore, virgule, même quand l’amour sera mort.

Tobias Leingruber, le skate hacker

Fer de lance du collectif de hackers Artzilla qui présente ce soir (19h / 5€) à la Gaîté lyrique une façon de “skater” le web au lieu de le surfer passivement, Tobias Leingruber était aussi, il y a fort longtemps, un quart du skate-crew LSD, dans son Allemagne natale. Alors, l’image du skate dans son travail artistique, simple récup’ pour avoir l’air cool derrière ses ordis ? Pas vraiment. Tobias explique...

Avant de skater le web, as-tu au préalable skaté l’asphalte ?
Tobias Leingruber : Oui, j’ai commencé en 1999 dans notre petit bled dans le Sud de l’Allemagne. On était un noyau dur de quatre personnes, il existe même une vidéo de cette année-là ! On était à fond et on a même obtenu une grande victoire en 2001 quand on a réussi à obtenir un skatepark après avoir “manifesté” plusieurs mois devant la mairie… J’ai skaté tous les jours jusqu’en 2003, jusqu’à ce que la vie sépare notre crew, et que je m’intéresse plutôt au DJing.
Quatre étés à skater à fond, mon 360 flip a toujours une drôle de gueule. Notre seul moyen de se tenir au courant à l’époque était les vidéos-magazines 411, je suis un peu jaloux de cette nouvelle génération qui a grandi avec le jeu Tony Hawk Pro Skater, et à qui tout a été servi sur un plateau…

Qu’est-ce que tu entends aujourd’hui exactement par “skater le web” ?
TL :
Skateur un jour, skateur toujours ! Quand tu es gamin ton esprit se développe en fonction des choses que tu expérimentes alors. Le skate m’a influencé de façon unique, et son esprit m’a suivi jusqu’ à ce que je sois à la fac, en train de bricoler sur le web. J’avais déjà ce désir de ne pas faire ce que les autorités me demandaient, de choisir plutôt ma propre voie et je pense que c’est un héritage du street skating.
C’est en cela que je pense que mes projets artistiques, ma façon de hacker, sont similaires au skate.
J’essaie de garder une trace de mes trucs, et de ceux d’amis dans le même état d’esprit, sur le site Artzilla.  On édite des softwares qui modifient des trucs sur le web, que je perçois comme un espace public. Nos contributions peuvent être faites juste pour se marrer, elles peuvent faire des commentaires sur notre société digitale, voire mettre le doigt sur des sujets plus sérieux comme la censure, la commercialisation,  la vie privée. On peut dire que c’est de l’activisme.

Tu penses que “surfer” le web est trop passif, en fait?
TL : Surfer ça veut dire juste que tu ne te poses pas de questions, tu prends le truc comme il vient, tu te conformes aux cases qu’ont designées les designers dans tel ou tel but. Par exemple, Amazon est pensé pour acheter des biens digitalement, mais qui oserait utiliser leur plateforme pour accéder aux mêmes biens qui seraient hébergés ailleurs gratuitement ? Et qui oserait rendre la censure plus visible au lieu de l’accepter ?

Pourquoi avoir choisi l’image du skate et pas, par exemple, le champ lexical de la guerilla, ou du graffiti sauvage ?
TL : Guerilla ? Ca sonne trop militaire pour moi, et tout ce qui est tag est trop restrictif. Ce que j’aime dans la métaphore du skate, c’est qu’elle sous-entend tout un état d’esprit : rebelle, créatif, fou, stylé, en défiance permanente des autorités…
Est-ce qu’un skateur ne va pas sauter ces 5 marches justes parce qu’il sait qu’elles n’ont pas été pensées pour le skate ? Non. L’architecture du web, c’est pareil : elle a été designée à la base pour être un espace public ouvert et accessible. Heureusement. Ce qui la rend intéressante, c’est d’utiliser sa structure coûte que coûte, même si quelqu’un te dit, “Hey, non, j’ai acheté cette propriété, alors utilise-là que comme je l’ai décidé” !

La VO du mardi : tout, tout tout, vous saurez tout sur le Yogi

Qui est Yogi Proctor? Que veut-il exactement montrer à Public Domaine? Quel est le lien entre lui, homme qui créa l’identité graphique sur-pompée ensuite de Popwar Skateboards et cette énigmatique photocopieuse sortie des Cités d’Or qu’il présente ? De quelle planète vient Sade Coy ? Où trouve-t-il cette teinte de t-shirts bleus ?
L’interview surréaliste de la semaine est en VO et vous permermettra de tout comprendre. Ou pas. Elle est à lire par ici, et à méditer ensuite de façon transcendentale en regardant au plafond pour se lamenter sur la vacuité des aspirations et des destinées humaines.

La liste inutile du lundi : leur jour viendra

Le skateboard ne leur rend pas assez souvent hommage, et c’est bien dommage : les skaters roux sont pourtant des skaters roux come les autres. “Leur chevelure vous irrite? Ils la laisseront pousser”, aurait dit Vincent Cassel dans Notre Jour Viendra. Puis aussi parfois leur barbe, allez c’est cadeau. En passant, comme c’est lundi et que Public Domaine est fermé, petit top 5 des skaters roux sans absolument la moindre raison.

1. Chet Childress
Dans sa Caroline du Nord natale, il était un alien. En Californie, ce n’était guère mieux. Alors “Ludacrooks” a dû pour trouver la tranquillité se réfugier dans l’art sur serviettes en papier de pubs irlandais (“ça coûte cher en bières”, avoue-t-il au sujet de ce passe-temps), se laisser pousser les poils du menton pour le même prix et déménager à Portland, seul endroit où il passe comme peu de lettres à la Poste.

2. Lee Ralph

Quand il écumait les contests européens à la fin des années 80, déjà édenté, sans jamais prendre la moindre douche, le Néo-Zélandais ne dégageait pas qu’un puissant charisme. Depuis, il coule une retraite paisible de sculpteur sur son île natale, possède toujours ce sourire au travers duquel passent les courants d’air, et vit en short. Pour ce qui est des douches aujourd’hui, personne n’a eu le courgae d’aller enquêter sur place. Photo © Marcello Guardigli

3. Wieger Van Wageningen
Hollandais émigré aux Etats-Unis, Wieger a mis son nom imprononçable au service d’une grande cause : le bizutage permanent que peut être une carrière pro pour peu que l’on skate pour la marque enjoi -dont voici quelques pubs triées sur le volet. En même temps, là il l’a fait un peu exprès, hein…

4. David Martelleur

S’étant laissé pousser tout ce qu’un corps belge peut fournir question kératine, “Marto” hantait la semaine dernière les abords de la Gaité avec un pack de bières à la place de la main gauche, disponible et dégainable à tout instant. Le vrai couteau suisse ! La honte quand on vient d’outre-Quiévrain.

5. Adrien Bullard

Du talent, un Verbe soigné, un look à la croisée des chemins de Harry Potter et Tom Penny mais surtout l’estampille magique : venu du ‘hood rouennais, Adrien est aujourd’hui notre Français de l’étape. S’il n’arrive que 5e il n’a pas démérité, mais la concurrence étrangère ma pauvre dame, c’est ce qui tue ce pays ! Une bonne guerre qu’il leur faudrait, vous avez entièrement raison.

Three days in paris -the John Cardiel edition

Quel est le premier souvenir que ramène le touriste moyen de Paris ? Des couteaux artisanaux made in Aveyron et des disques de reggae, évidemment. Strictement orthodoxe dans son shopping, John Cardiel a profité de sa journée de liberté avant la soirée de ce soir pour écumer les meilleures échoppes de la capitale, suivi de près par un reporter de pacotille en Velib absolument ridicule et non-fixie. Un road movie haletant sous forme de roman photo acidulé à suivre ci-dessous.
Pour le reste, rendez-vous a 15 h avec John, Ray et Lance à la séance de dédicaces de No Skateboarding

Photos © Seb Carayol